Céder à la tentation des avancées technologiques des televiseurs?

Les fabricants de TV sortent tous les mois des nouvelles fonctions pour nous en mettre plein la vue, on va voir dans cet article si cela vaut vraiment la peine de changer de televiseur tous les six mois

 

Le bon coin, on trouve déjà des TV 3D pas cher
Le bon coin, on trouve déjà des TV 3D pas cher

Au rayon téléviseurs, les vendeurs se ressemblent. À la Fnac, chez Darty ou encore Carrefour, ils n’en ont que pour la 3D, la télévision en relief. Qu’un client s’approche et l’argument choc fuse : vous bénéficiez maintenant de cette technologie sans vous ruiner. Mais il y a des rabat-joie. « La 3D, ça ne marchera que quand il y aura du contenu, admet un employé de Carrefour. Or, pour le moment, les chaînes ne diffusent quasiment pas de programmes dans ce mode. Ce sont les films tournés en 3D et lus par un lecteur Blu-ray 3D ou des jeux vidéo 3D compatibles avec la PS3 qui sont les sources les plus abondantes, c’est dire ! » Voilà le paradoxe auquel sont confrontés les fabricants. Eux estiment avoir fait leur part du travail pendant que les diffuseurs se sont laissés distancer. « Nous avons tous vite généralisé la 3D. Et les prix ont baissé : désormais, vous avez un écran de bonne taille compatible 3D à partir de 600 € », regretterait presque Christophe Décloux, de Panasonic. Pourtant, le consommateur hésite.

La 3D vaut-elle le coup d’œil ?

Premier frein, pour regarder un programme 3D, il faut les fameuses lunettes 3D, ce qui est contraignant. Pour ne rien arranger, deux standards coexistent. LG est la seule marque à utiliser des lunettes passives (ou polarisées), comparables à celles remises au cinéma. L’écran du téléviseur est équipé d’un filtre tramé. Et les lignes qui s’affichent sont successivement destinées à l’un et l’autre œil. Peu chères, ces lunettes sont en général fournies en nombre (jusqu’à sept) avec le téléviseur. Panasonic, Samsung ou encore Sony ont, eux, opté pour les lunettes actives, plus complexes. Le téléviseur adresse en alternance des images à chaque œil, ce qui oblige à porter des lunettes plus sophistiquées. Équipées de panneaux à cristaux liquides et alimentées par batterie ou piles, elles sont aussi plus onéreuses. Du coup, elles ne sont pas toujours livrées avec le téléviseur. De plus, elles ne sont pas compatibles avec tous les appareils. « Les plus grands fabricants se sont associés pour proposer bientôt des lunettes utilisables avec toutes les marques », assure néanmoins André Bousquet, de Samsung.

La 3D rencontre un autre écueil que décrivent bien ces jeunes regardant les images diffusées sur un écran à la Fnac : « C’est classe mais, à la longue, ça fait mal à la tête. » « Tous les programmes n’ont pas vocation à être filmés en 3D, relativise Christophe Décloux. Et la perception est très différente d’un individu à l’autre. La 3D, c’est le cerveau qui la fait et non les yeux. On peut avoir du mal à supporter des images en relief. »

Ce n’est pas tout, les téléviseurs sont désormais « connectés » (smart TV). Une notion que le grand public a encore du mal à appréhender. Les fabricants pointent du doigt les responsables : les dis­tributeurs. « De nombreux magasins ne disposent toujours pas dans leurs rayons de connexion à Internet, grogne Bernard Héger, délégué général du Simavelec (le syndicat des fabricants de téléviseurs). Dès lors, comment les vendeurs peuvent-ils expliquer de façon concrète un concept abstrait pour le client ? » Avec une télé connectée, on peut naviguer sur Internet et, surtout, arriver à un portail de services propre à chaque fabricant. En le franchissant, on accède à des sites partenaires (Youtube, Facebook…), à la vidéo à la demande (VOD), à la télévision de rattrapage (Catch up TV, visionnage d’émissions déjà diffusées)… Mais, ouvert sur l’extérieur, le téléviseur n’oublie pas l’intérieur. La certification DLNA, qui tend à se généraliser, permet de le connecter à l’ordinateur familial pour diffuser de l’un à l’autre photos, vidéos…

Des télés ultrabranchées

En se connectant tous azimuts, le téléviseur ne deviendrait-il pas « hégémonique » ? Ne se transformerait-il pas en « concepteur » de programmes tout en devenant l’appareil central du foyer ? « Un téléviseur, ça sert d’abord à regarder la télévision, rappelle André Bousquet. La télé connectée doit rester proche de l’univers de la télévision. » Sa marque, Samsung, est pourtant celle qui propose le portail le plus complet. « Difficile d’imaginer que l’on chattera tous sur les réseaux sociaux depuis le téléviseur familial au milieu du salon : pas idéal pour l’intimité », renchérit Christophe Décloux (Panasonic). Et de préciser : « Les portails de nos téléviseurs ne sont pas destinés à ceux qui reçoivent la télévision par une box et sont déjà dans l’univers de la télé connectée sans le savoir. Ils s’adressent davantage à ceux qui passent par la TNT (télévision numérique terrestre), et qui ont une liaison Internet. »

Consommateurs repus

3D, télé connectée : les téléviseurs deviennent des bijoux de technologie. Mais les industriels font un peu la moue. « Avec le basculement progressif de la France vers le tout-TNT, le développement de la HD et l’apparition des écrans LED, de nombreux particuliers se sont équipés ces dernières années, explique Bernard Héger. Ils n’en changeront pas tout de suite. » De fait, d’après les estimations du cabinet d’études GfK, 8,7 millions de téléviseurs auront trouvé preneurs en 2011. Mais l’année prochaine, les ventes devraient tomber à 7,6 millions, en dépit d’événe­ments porteurs (Euro de foot, Jeux olympiques…). Et la chute sera encore plus forte en valeur. « En ce moment, lorsque le consommateur achète un téléviseur, c’est souvent pour un deuxième, voire un troisième équipement, explique Bernard Heger. Il se dirige alors vers les écrans de petite ou moyenne taille. » Des produits qui ont vu leur prix fondre et sur lesquels les marges sont faibles. Le rêve des fabricants ? Que le consommateur craque pour un très grand écran haut de gamme, encore cher, et qu’il passe le téléviseur du salon dans une chambre. On en est là : s’ils ne vendaient que des téléviseurs, de grands groupes de l’électronique comme Sony ou Panasonic perdraient de l’argent…

Linéaires : les fabricants font leurs gammes

De 15,6” (39 cm) à 65” (165 cm) : question tailles d’écrans, le choix est large ! Ajoutez que, pour une même dimension, une marque propose plusieurs modèles, chaque grand fabricant voulant couvrir tous les segments du marché.
Et certains, comme ­Samsung, vont jusqu’à proposer le même ­appareil sous des ­références différentes selon l’enseigne qui le vend. Cette ­abondance serait-elle donc trompeuse ? « Au temps du tube, le marché, c’était de 650 à 700 modèles, se souvient André Bousquet (Samsung). On reste dans les mêmes proportions, sachant que les linéaires des distributeurs accueillent au maximum 80 références. En fait, la grande évolution se situe ailleurs : les nombreuses innovations appliquées aux téléviseurs ont entraîné un renouvellement plus rapide des gammes. » La conséquence ? Des prix qui chutent et une amplitude inédite : de 150 à 4 000 € selon la diagonale de l’écran, les fonctions, etc. « Vu de loin, les modèles d’une même marque et d’une même taille ­paraissent identiques ou presque mais ils ne le sont pas, insiste André Bousquet. Sur une même dalle, vous pouvez avoir ou non de la HD, de la 3D ou de la télé connectée. En revanche, il est vrai que l’on tourne autour de 3 ou 4 châssis. » Et les fabricants ont intérêt à les soigner, le design étant devenu un critère de choix important.

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